American Airlines

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Thierry Brun, Editions Kubik, American Airlines
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mercredi 17 août 2016

l'Ombre de Fantomas sur le Roman et le cinéma Populaire

        



" Allongeant son ombre immense / Sur le monde et sur Paris, / Quel est ce spectre aux yeux gris..." 

« Je n'aurai jamais l'imprudence, / Fantômas, de parler de toi. / J'ai trop peur de ton ombre immense / Se dressant sur mon propre toit. »

" Mais Fantômas les surclasse sous le masque..."


Sur l’affiche devenue mythique du film Fantômas de Louis Feuillade et des premiers romans signés Souvestre et Allain, une silhouette sombre, haut de forme et frac, dont le visage, masqué d’un loup restera insaisissable, écrase Paris et la Seine sous son joug. C’est Fantômas. Le maître de l’horreur et du crime diffuse la terreur dans la capitale. Voleur, assassin, bandit, roi du déguisement et de la fuite, Fantômas, l’anti-Arsène Lupin, est aussi l’un des plus impressionnants succès de librairie du début de siècle. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Souvestre

En 1911, Paris vibre aux amours impossibles de Fandor et de la Belle Hélène, à l’odeur du sang et à la traque sans fin de Juve. Sous les déguisements de banquiers ou de manutentionnaires des halles, de la rue de l’université, d’Auteuil jusqu’aux hauteurs de Belleville, le mal est partout. 

https://www.youtube.com/watch?v=4_5ca8_Jhu4

Si au fil des trente-deux volumes écrits de concert par Marcel Allain et Pierre Souvestre puis des douze menés en solitaire par Allain, Fantômas sous le nom de Gurn est venu du lointain Transvaal avant d’étendre le champ d’action de ses forfaits au monde entier, Paris, où nul n’est plus à l’abri, reste le lieu principal et l’héroïne de cette aventure au pays du mal. De plus, les films qui, dès 1913, portent à l’écran les aventures du maître de l’effroi contribuent aussi à véhiculer au delà des frontières une certaine image de la ville des Lumières, trouble, onirique, dangereuse et excitante.


Fantômas à Paris est d’abord une histoire d’auteurs parisiens. Marcel Allain et Pierre Souvestre se rencontrent en 1907 par l’entremise de Mariette Lemoine.

 
http://www.telerama.fr/cinema/films/le-genie-du-mal,32319.php

La signature de Fantômas chez Fayard naît en avril 1910 d’un quiproquo. Les deux compères et la presse de l’époque pratiquaient en effet les techniques marketing toujours actuelles en terme de lancement avant la parution d’un nouveau roman-feuilleton. Nous avions alerté les lecteurs de L’Auto, avec des notes qui passaient dans le journal et qui étaient vraiment assez amusantes. 

http://www.letelegramme.fr/histoire/pierre-souvestre-le-breton-pere-de-fantomas-23-11-2014-10435167.php


Nous disions : deux de nos collaborateurs sont sur la piste d’un scandale effroyable, nous sommes décidés à faire toute la vérité, nous publierons quoiqu’il arrive, les découvertes qu’ils ont faites, se souvient Marcel Allain. Bunau-Varilla, alors directeur du célèbre et influent quotidien.

https://belphegor.revues.org/286


               
A la recherche d’un titre, Souvestre et Allain se mettent d’accord sur “Fantomus” ; lors de la présentation du carnet de notes sur lequel sont griffonnés les différentes possibilités, Fayard - myope peut-être - se trompe et s’exclame Fantômas… c’est épatant ! Le héros est né. 

Le lancement même du roman aboutit selon les souvenirs de Marcel Allain à une chute au moins aussi rocambolesque et surprenante que celle des aventures du maître du crime. À la sortie de Fantômas, Fayard rémunérait les auteurs mille cinq cent francs par manuscrit, soit trois centimes par volume vendu. Cependant, quand les deux auteurs se présentèrent à la caisse après la parution des deux premiers volumes, le caissier de Fayard refusa de les payer. 

http://www.sauramps.com/rapaces-les-4595810.html#tab_reviews

Reçus chez le directeur, les voilà prêts à défendre bec et ongle leur dû, quand Arthème Fayard leur tend un chèque. Dans son émotion, Marcel Allain lit deux mille deux cent francs et s’étonne qu’il y ait eu des droits qui ne figuraient pas au contrat. Il s’agit en fait non pas d’un chèque de 2 200 francs, ni de 22 000 francs mais d’un chèque d’un montant total de 220 000 francs : le premier volume ayant en effet été tiré à 800 000 exemplaires. 

La suite ici : http://www.terresdecrivains.com/Le-Paris-des-Apaches-dans-Fantomas

http://www.sauramps.com/rapaces-les-4595810.html#tab_reviews

mercredi 10 août 2016

La Mort du Roman Policier, Polar et Thriller

La Mort du Roman Policier, Polar et Thriller

http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20150306.OBS4005/tout-un-polar.html

« Mais où va donc le roman policier ? » s’interrogent beaucoup de critiques dont quelques-uns ont fini par succomber à l’idée que la mort du genre est inéluctable. « Il ne va nulle part, rétorque ironiquement le tandem Boileau-Narcejac. C’est un pommier qui donne différentes variétés de fruits, mais ce sont toujours des pommes. L’erreur, précisément, est de vouloir modifier son essence par des greffes qu’il supporte toujours mal »."


 
http://www.librairie-sciencespo.fr/livre/9782847423327-les-rapaces-thierry-brun/


  

"  Depuis les années soixante-dix du siècle écoulé, et devant l’évolution rapide du roman policier, la multiplication de ses branches (roman de suspense, roman noir, néopolar, roman d’espionnage, polar humoristique, polar historique, polar mythique, etc.) et l’apparition de nouvelles formes romanesques mi-littéraires, mi-policières, les théoriciens commencent cependant à s’interroger sur l’avenir de la littérature noire et les risques qu’elle court si elle poursuit ses « mues » successives. "


 Cadeau


" Le présent projet d'ouvrage collectif invite les universitaires et les jeunes chercheurs à réfléchir sur les nouveaux avatars du roman policier en étudiant par exemple les enjeux de l’écriture policière subversive et les principales stratégies de détournement, la réception des romans policiers hybrides, le coefficient du style « littéraire » dans le polar, et les nouvelles approches théoriques et méthodologiques pour aborder les avatars contemporains du roman policier."



" Dans son article « Les avatars d’un genre protéiforme », Marc Lits remarque à juste titre qu’à force d’interagir avec le roman littéraire (le « roman roman » pour reprendre l’expression de Japrisot), « le genre semble peu à peu se diluer dans la sphère plus englobante de la littérature, comme si son insertion dans la paralittérature arrivait à son terme, celle-ci ne servant que de purgatoire avant une reconnaissance institutionnelle » "

Polar



" Le sort que va connaître le genre à partir des années quatre-vingt va infirmer cette thèse car, des greffes, le roman policier va en subir une infinité (et des plus fantasques aussi) sans que cela ne diminue en rien son succès littéraire, sériel et cinématographique. 



C’est que les auteurs policiers ont compris, plus ou moins tardivement (si l’on adopte comme repère le coup de génie de la Reine du crime dans Le Meurtre de Roger Ackroyd), que la transmutation relève de l’essence même de la littérature noire : « Les grands textes de la littérature policière enfreignent les lois du genre. C’est l’effet de leur liberté créatrice autant que d’une propension à surenchérir dans le surprenant, dans l’inédit. […] L’hypothèse est donc que certains textes policiers parmi les plus construits se distinguent par le traitement désinvolte qu’ils font subir à la structure de base et par la crise qu’ils ouvrent dans le genre dont ils se réclament »"


La suite ici : http://calenda.org/373317 


 Policier