American Airlines

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Thierry Brun, Editions Kubik, American Airlines

mercredi 9 septembre 2015

French Thriller. Synarchie et Bureau des Légendes.

Synarchie et Bureau des Légendes
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" Au sein de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), un département appelé le Bureau des légendes (BDL) pilote à distance les agents les plus importants des services de renseignements français : les clandestins. En immersion dans des pays hostiles, leur mission consiste à repérer les personnes susceptibles d’être recrutées comme source de renseignements. Opérant dans l'ombre « sous légende », c’est-à-dire sous une identité fabriquée de toutes pièces, ils vivent durant de longues années dans une duplicité permanente.
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La proportion d'actions violentes et même de meurtres dans le monde du renseignement est minime. Il repose sur la manipulation, le mensonge et le double jeu. Dans la lignée de John Le Carré, je voulais montrer le côté ordinaire des agents secrets, qui ne sont pas des James Bond mais font juste leur job. Il m'était impossible de sacrifier la crédibilité du récit au besoin de scènes d'action artificielles. Tout doit se passer comme dans la vraie vie. Et cela vaut aussi pour la dimension psychologique? le-bureau-des-legendes-mathieu-kassovitz-660x307
" Les meilleurs complots sont ceux qui n'existent pas. La synarchie étant le complot ultime, elle n'existe absolument pas. Voilà, vous savez tout ce qu'il y a à savoir dessus.
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Depuis les années quarante, la synarchie a pris toutes les formes. Les collabos parisiens de 1941 y voyaient une création des banques juives inflitrée à Vichy. Les communistes de 1946 y mêlaient le Vatican, les capitalistes anglo-saxons et les gaullistes. Pour les occultistes des années soixante, elle est derrière le nazisem. Aujourd'hui, la synarchie est encore dénoncée ici et là comme l'inspiratrice de la mondialisation, de l'énarchie, de l'Union européenne ou de tout ce qui effraie votre interlocuteur du moment. Belle carrière pour un fantasme !
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Le mot « synarchie » est l' invention d' un occultiste de la Belle époque, le marquis Saint-Yves d'Alveydre, qui défendait sous ce nom un projet de réorganisation de la société (ou plusieurs, parce qu'il le fait évoluer de livre en livre). Dans son esprit, l'affaire n'avait rien de secrète, au contraire : de conférences en rencontres avec des ministres, il a passé beaucoup de temps à essayer de la faire connaître. Son idée était, en gros, de créer des institutions supranationales dirigées par les religieux, destinées à imposer une paix perpétuelle à l'Europe.

Dans son dernier ouvrage, Mission de l'Inde, il consacre aussi beaucoup de place aux « maîtres secrets » installés dans le royaume caché d' Agarttha, en Inde? La Première guerre mondiale passe par là-dessus, et voilà qu' un certain Fernand Ossendowski, Russe exilé de son état, explique que lors de son passage en Mongolie, lors de sa fuite, il a rencontré des gens qui lui ont parlé du royaume d' Agartthi et de ses maîtres secrets. « C' est donc vrai ! », se disent un tas de gens intelligents, qui ne remarquent pas qu' Ossendowski plagie Saint-Yves...  Jusqu' à la guerre, le royaume d' Agarttha et son influence sur la politique mondiale va devenir la marotte de petits groupes occultes diversement bizarroïdes. La galerie de portraits qu'en dresse Olivier Dard est adorable. Il a existé au moins un « alchimiste communiste », qui l' eût cru ?
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L' histoire avance, et nous voilà en 1941. Soudain, la presse collaboratrice de Paris dénonce avec violence l'influence d'une mystérieuse « synarchie » sur le gouvernement Darlan. Il existe donc des synarques ? Sur la foi d' un manifeste improbable prônant la « révolution invisible en ordre dispersé », trouvé chez un ingénieur suicidé, la police des sociétés secrète instituée par Vichy se met sur sa piste. Des recherches sont menées en zone occupée. Sans s' inquiéter outre mesure, les Allemands suivent l' affaire de près. Qui sont les synarques ? Des listes de noms sortent, mais rien n' est prouvé ? ce qui peut indiquer qu' il n' y a pas de synarchie ou que les synarques sont très forts.


lundi 7 septembre 2015

Sex Sentimental Roman

Le roman sex sentimental. Marc Levy histoire.

C’est un beau roman,c’est une belle histoire
Caractéristiques du roman sentimental
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Un roman sentimental raconte une histoire d’amour qui se termine bien. Tous les romans sentimentaux obéissent à cette loi. L’histoire s’articule autour d’un couple dont l’amour est retardé par des obstacles, des complications, et progresse jusqu’au happy end espagne01
. Ce scénario suit une trame immuable, des embûches retardent le grand amour promis. À l’auteur d’apporter son univers inventif. Le roman que vous allez écrire se doit d’être réaliste, quel que soit le lieu où vous transposez votre intrigue, tout comme son action devra être progressive, avec des rebondissements. Même si le lecteur sait que, à la fin du roman, les deux amoureux seront à nouveau réunis pour le meilleur, il doit trembler, s’inquiéter, espérer, s’émouvoir, avant de lire les dernières lignes.
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Miroir de la société
, le genre est en perpétuelle évolution et a suivi la libération des femmes. Les héroïnes ne sont plus des ingénues, vulnérables et soumises ; elles se sont libérées et sont indépendantes financièrement.  Elles ne quittent plus leur emploi lorsqu’elles se marient. D’ailleurs, elles ne sont plus toutes infirmières ou secrétaires, l’égalité des sexes est passée par là ; une femme peut être pilote de ligne ou archéologue. Elles ne sont pas des victimes et ne sont plus forcément des jeunettes de vingt ans.
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Quant aux hommes, ils ne sont plus dominateurs, mais protecteurs, la nuance est de taille, ils ont des failles et savent demander de l’aide à leur compagne. Le héros peut être bourru au premier abord, mais ensuite, quand on le connaît, on sait la perle qui se cache derrière cet être bougon…Écrit pour faire rêver, le roman sentimental propose une vision idyllique de l’amour, tout en restant crédible, même si l’histoire parle de fantôme ou de vampires : cela peut arriver ou pourrait arriver dans la vraie vie. Je ne parle pas de l’amour lui-même, car heureusement, il existe, mais dans l’intrigue proposée par l’auteur. Quel que soit l’univers abordé, il doit paraître crédible. Mais ne brûlons pas les étapes, les prochains chapitres vous éclaireront sur cette fameuse intrigue… Dans le roman sentimental actuel, la relation, même conflictuelle (au début…), n’en est pas moins sensuelle.
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Les contraires s’attirent. Des scènes jugées, il y a quelques années, totalement inimaginables ont fait leur apparition. Des scènes sensuelles pimentent les romans sentimentaux, mais toujours  elon une règle morale immuable : les  ébats amoureux se font dans le cadre d’un amour partagé et désiré. C’est aussi un monde sans adultère… du moins, pour le moment. Le roman suit l’évolution des moeurs… et des lecteurs.

crying_freeman_001La façon d’aborder l’histoire a aussi évolué, pas forcément du point de vue de la femme mais de l’homme (relire Guillaume Musso et Marc Lévy, tout comme Nicholas Sparks…). C’est à lui, le héros, que l’histoire arrive, et les obstacles placés devant lui pour trouver ou retrouver sa compagne ne sont pas non plus une partie de plaisir ! Il lui faudra lutter, ne pas s’apitoyer sur lui et toujours croire en l’amour… Les romans écrits selon le point de vue masculin semblent beaucoup plaire aux lectrices, même si cette façon d’aborder le roman sentimental n’est pas le plus fréquent.
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Des personnages que tout oppose peuvent être une bonne idée de départ. C’est d’ailleurs une intrigue qui est souvent utilisée. Alors, vos héros, comment vont-ils se rencontrer, s’aimer, puis affronter les obstacles que vous ne manquerez pas de mettre en travers leur route ? Voilà où votre originalité va être mise à rude épreuve. L’auteur américaine Nora Roberts, dont les livres se sont vendus à 400 millions d’exemplaires dans le monde, résume bien ce que représente un roman sentimental : le besoin de moderniser, de renouveler le genre, de le dépoussiérer, est apparu il y a une quinzaine d’années, avec la publication du roman d’Helen Fielding, Le Journal de Bridget Jones et l’arrivée de la chick lit. La chick lit joue avec les codes du genre, en apportant une bonne dose de fraîcheur et d’originalité


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Donc, pour réussir l’écriture d’un roman de chick lit amplifiez et exagérez les situations (saugrenues, cocasses, désabusées) de votre héroïne affrontant un quotidien avec des hauts et des bas, qui ne sera pas une jeune femme parfaite et posée mais qui aura une personnalité enlevée et n’aura pas sa langue dans sa poche. Les aventures quotidiennes d’une jeune femme moderne, désinhibée, et qui cherche le Grand Amour !




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Qu’attendent les lecteurs ?

Le roman sentimental, quel que soit le thème abordé, est une lecture de loisir, qui permet de s’évader un moment de ses tracas quotidiens. C’est une lecture de détente, la promesse de deux ou trois cents pages (ou plus) de plaisir et d’évasion. Le ton est léger, l’intrigue captivante, le dénouement réussi. Le lecteur doit pouvoir s’identifier à un des personnages principaux et rêver de l’autre. Il n’attend pas seulement que l’auteur lui raconte une belle histoire d’amour, mais de savoir comment il parviendra à la mener à bon port. C’est une lecture qui joue sur l’émotion, qui donne de l’espoir en montrant une image positive d’amour partagé, de respect mutuel et d’entraide, d’égalité dans les rôles. Le lecteur aime se projeter dans l’histoire, il en tirera un réconfort, car oui, l’amour peut changer le cours des choses, apporter sa dose de magie, de passion. L’histoire permet de continuer à croire en nos rêves d’amour et d’en « réécrire » certains passages, en imagination cette fois.
La suite ici : http://multimedia.fnac.com/multimedia/editorial/pdf/9782212554830.pdf

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Thriller. Découvrir le nouveau roman de Thierry Brun. Editions Le Passage. La Ligne de Tir : Révélation.

dimanche 6 septembre 2015

French Ancien Combattant en Prison

« Tu ne peux pas montrer des terroristes amoureux dans un film. Dans l’imaginaire des gens au cinéma, les terroristes ont la bave aux lèvres et les filles ont du poil aux pattes. »

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« Je suis un mec d’un monde qui a complètement disparu. Et c’est pareil avec le cinéma : le cinéma que j’aime a disparu. »

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Jean Marc Rouillan.

Est-ce que le cinéma a pour vocation de retracer le réel ?
Moi, je ne marche plus dans les histoires qui se réduisent à une propagande du système. Les films dégueulent de ça, de ce pseudo apolitisme derrière le discours « Tout va bien, tout est super ». Tu es dans la reproduction du système. Mais quand tu veux apporter un point de vue critique, c’est impossible. 


 Et quand ils parlent de la classe ouvrière, c’est toujours paternaliste. Ça devient un film noir, y’a pas d’espoir. J’ai vu quelques films de Lucas Belvaux et je trouve ça plutôt bien, mais sa trilogie sur le terrorisme est aussi caricaturale que les autres. Quand je vois un personnage qui balance aux flics, les bras m’en tombent.

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Dans votre cas, comment ça se passe ? C’est le problème de cette interview : je n’ai pas le droit de parler de certains sujets. Je peux juste dire que, dans notre cas, on aurait pu fuir, c’était facile, on avait toutes les connexions dans les pays latino-américains, Nicaragua, Salvador… D’ailleurs énormément de camarades ont fait ce choix et ils ont continué la lutte dans ces pays-là. Ils avaient leurs raisons.
 

Nous, on a décidé d’assumer notre responsabilité, qui est un acte politique. Le fait que je ne sois pas en ce moment sur une plage à Cuba est une manière d’assumer cette responsabilité. Dans un monde qui nie toute responsabilité aux individus, c’est déjà un acte de rupture. Et ça, tu ne peux jamais le montrer au cinéma.
 
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Et comment montrer la violence, si elle n’est pas politique ? Pour moi, le meilleur reste Sam Peckinpah. Guet-apens, les scènes de braquage sont extrêmement réalistes. Tous les mouvements de caméra sont au service de l’action, il n’y a pas de dénaturation. Alors que tu regardes le remake fait il y a quinze ans, on est dans la farce.

Même celles de Heat, où ils ont utilisés des conseillers ; je regarde ça, ce n’est pas une fusillade, c’est un ballet. Parce qu’une attaque avec une dizaine de mecs qui tirent au fusil d’assaut, ça se termine avec 40 morts. Les balles ricochent et tuent à 1,5 kilomètre. Donc, c’est un truc qui ne peut pas exister. J’avais lu une interview d’un flic de Naples qui s’adressait aux jeunes de la mafia. Il les suppliait d’arrêter de se prendre pour des abrutis de Miami.

 Avant, les règlements de compte de la mafia, tu mettais deux balles dans la tête et basta, terminé. Aujourd’hui, ils veulent s’amuser avec des armes automatiques, comme dans Gomorra. Et les gars sont criblés de blessures et mettent quatre jours à crever. Aujourd’hui, ce sont les films qui influencent les criminels, plus que l’inverse.


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C’est le drame de Scarface, notamment de ce qu’il représente dans les quartiers populaires. C’est une saloperie. Quand je vais discuter avec les jeunes de ces quartiers et que je mentionne Scarface. Ils me répondent : « Ouais, Tony Montana ! Super ! » Ah oui, super : un gars qui trahit ses collègues, qui tue sa sœur, son ami... Tu es fier d’un mec comme ça ? Ce serait un mec de ton quartier qui se comporterait comme ça, tu irais le tuer de tes propres mains. Mais c’est la force des mythes dans les quartiers populaires. Nous, on se prenait pour Robin des Bois. – Propos recueillis par JB http://www.sofilm.fr/interview-jean-marc-rouillan



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Thriller. Découvrir le nouveau roman de Thierry Brun. Editions Le Passage. La Ligne de Tir : Révélation.

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FILMER LE HÉROS DANS LA BATAILLE


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OPTIONS DE MISE EN SCÈNE


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" Lorsqu'il met en scène un héros guerrier engagé dans un combat de masse, le cinéma se heurte à certaines tensions inhérentes à toute représentation de bataille, rejoignant par là des  traditions  artistiques  plus  anciennes.  La  tradition  picturale  européenne  fournit  un antécédent prestigieux et un point de comparaison utile. Elle se trouve à l'origine de tout un art de la lumière et des effets atmosphériques que le cinéma s'efforce parfois d'égaler et qu'il   utilise   souvent   comme   procédé   d'ouverture   ou   de   clôture. "


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"  Elle   permet   aussi d'appréhender  la  question  du  point  de  vue,  car  les  tableaux  de  bataille  doivent  toujours faire un choix d'échelle. La mise en valeur d'un héros en action suppose un positionnement proche des combats, le reste de la mêlée étant généralement relégué à l'arrière plan dans un certain  désordre.  Comme l'a  rappelé  Hélène  Puiseux,  le  grand  style académique  français, friand du sujet noble par excellence que représente la guerre, privilégie cette figure centrale héroïque, autour de laquelle s'organise la multitude. "


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" L'autre dominante consiste à présenter de  loin  l'ordonnancement  des  manœuvres  tactiques,  au  besoin  en  rattachant  à  quelques minuscules personnages une légende explicative qui puisse en rappeler le rôle important. C'est  le  cas  notamment  dans  des  séries  de  tableaux,  de  tapisseries  ou  de  gravures,  qui présentent  les  étapes  successives  des  combats  en  adaptant  le  point  de  vue.  À  la comparaison,  le  récit  cinématographique  paraît  omnipotent:  la  succession  des  plans concilierait  la  distanciation,  avec  des  vues  panoramiques  du  théâtre  d'opérations,  et  la plongée du spectateur dans les combats. Mais  cette  plus  grande  élasticité  du  médium  filmique  peut  sembler  porteuse  d'un affaiblissement qualitatif. "


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" Là où le tableau s'efforce de proposer une image « parfaite» de la bataille en laissant au spectateur la possibilité d'explorer le détail sans perdre la totalité, par définition le cinéma fractionne la vision, les moments de contemplation restant fugitifs et frustrants, tandis que l'unité de l'ensemble demeure fuyante. L'une des grandes forces du cinéma étant alors, précisément, de pouvoir se laisser envahir par le chaos."


Gaspard DELON. http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/GDelon_Cinema.pdf


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Thriller. Découvrir le nouveau roman de Thierry Brun. Editions Le Passage. La Ligne de Tir : Révélation.

samedi 5 septembre 2015

Les vampires. Sang sous la Toile


Les vampires



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Les vampires étaient en réalité des créatures parfaitement adaptées à un cinéma limité et défini par la censure. Créatures à sang froid, commettant leurs forfaits sans être vues (discrétion remarquable), métaphore de (donc détour, allusion à) l'emprise amoureuse et de (à) la possession sexuelle, elles savaient incarner et provoquer l'effroi dans le cadre assigné par la décence et les convenances d'une époque puritaine.

 
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Mais dès que la violence et la sexualité obtiennent le droit d'être représentées sans tabou, le vampire perd ce qui faisait sa pertinence, et se trouve très rapidement "ringardisé" : le maniérisme rigide de ses pratiques et le raffinement de sa sauvagerie ne fonctionnent plus aux yeux d'un public désormais habitué à une débauche d'hémoglobine généralisée. Le sang versé (ou, plutôt, qui gicle tous azimuts) dans les images de cinéma a dissout sans espoir de retour la figure racée du vampire de naguère : elle ne perdure qu'à travers les manières débrailléees et orgiaques des séries Z.  Blade  (1998, 2002, 2004) n'est pas du très bon cinéma, mais est assez carré (à commencer par l'interprétation de Wesley Snipes) et maîtrisé pour sembler en fin de compte plutôt malin.

 
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Cela n'empêche pas que depuis maintenant presque 50 ans, le moindre geste, le moindre coup de feu peuvent (cf. le récent et impressionnant  Killing Fields  de Ami Canaan Mann, mais aussi les derniers films de Jacques Audiard, où le corps est le lieu de toutes les pulsions et violences, de tous les accidents et outrages) faire plus de ravages et avoir plus de portée dramatique (ou horrifique) que les actes nocturnes et contre-nature du fier chiroptère qui passait par là. Le vampire est le symbole de la part monstrueuse des êtres humains ; or, de symbole il n'y a plus besoin depuis qu'il est permis de tout montrer : aujourd'hui un tueur est scénariquement envisagé comme pleinement monstrueux et l'est effectivement bien plus que les monstres du cinéma pudique, romanesque et elliptique d'autrefois. Dracula et ses frères de sang sont la marque d'une époque, d'une sensibilité, d'une manière de raconter et de ressentir totalement disparues dans le cinéma populaire.

 
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Filmo :
 
 
Les Prédateurs. Tony Scott. 1983.
Bien que ce film n'échappe pas à certains travers kitsch du cinéma des années 80 (un côté un peu trop facilement  clip), sa démarche stylistique surprend, et impose son panache. Tout un visuel pastel et écru se déploie au gré d'une série de séquences qui, revues  25  ans  plus   tard,   tiennent   encore   la   route   ;  Tony   Scott   a   su  en  réalité renouveler dans cette série B un univers depuis longtemps desséché. vampire_07
 
 
Dracula
. Francis Ford Coppola. 1992. [B.S.]
Avec ce film virtuose (par sa mise en scène) et sincère (une exploration du deuil) Francis Ford Coppola rend ici tout autant hommage au Septième Art qu'à la figure complexe, romantique, maléfique, révoltée, du héros des Carpates. Le comédien Gary Oldman   est   impressionnant   (rage,   désespoir,   séduction,   sentiments,   vice, déchaînement animal). Wynona Rider (comédienne météore) est une Mina Murray tendre et  adorable.
 
Entretien avec un vampire
. Neil Jordan. 1994.
Ce film a au moins un intérêt : séparer l'ivraie du bon grain. Pour qui avait jusque-là un doute, Neil Jordan apporte la preuve que Tom Cruise est un comédien largement insuffisant, tandis que Brad Pitt est, quant à lui, capable d'insuffler à ses rôles une dimension   intérieure   proprement   troublante.   Par   ailleurs,   ce   beau   film   est certainement avec celui de Coppola celui qui a su le mieux explorer un univers, avec la part de ténèbres, de poésie, de romanesque et de romantisme qui manquent en règle générale aux autres œuvres
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. Stanley Kubrick. 1999.
Il n'est pas question ici de vampires. Mais la métaphore est opérante : quelles forces cachées   (et   néanmoins   effectivement   à   l'oeuvre)   vampirisent   la   société,   la   vie conjugale, la solitude de chacun ? A la presque-fin de ce récit étrange, Stanley Kubrick emprunte   à   Murnau   et   fait   du   personnage   que   joue   Tom   Cruise   un   nouveau Nosferatu : incapable d'assumer les fantasmes qui le hantent, de vivre ses désirs refoulés, il se sent perdu, dépossédé de lui-même. Vivant, et non-vivant.
 
 
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. Tomas Alfredson. Suède. 2009.
Tiré d'un roman de John Ajvide Lindquist, le film de Tomas Alfredson marque par sa grande délicatesse de traitement : il fonctionne comme une chronique sociale (l'action se déroule dans une banlieue pauvre, dépressive, de Stockholm) et adolescente (un garçon de 12 ans, Oskar, est confronté à la méchanceté de certains de ses camarades de classe, à un père attentif quand il ne boit pas, et à une fille de son âge, Eli, qui est En réalité un vampire). Par ailleurs, le film déploie par moments (les scènes horrifiques) la maestria et le délire farfelu des meilleurs films de série Z : impossible par exemple d'oublier la scène où une poivrote défraîchie se fait agresser par un bataillon de chats domestiques, ni celle où (étant devenue une créature de la nuit) elle s'embrase au petit matin dans la chambre d'hôpital où elle avait été admise.
 
Philippe Cloarec,

vendredi 4 septembre 2015

Roman Noir des Pires Instincts

Roman Noir des Pires Instincts


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Si Kââ s’inscrit dans une certaine tradition du polar, c’est plus dans le sens d’une fatalité pessimiste que dans une critique sociale débouchant sur le constat des « temps nouveaux » à venir. C’est non seulement à l’échec de la civilisation et de l’humanisme qu’il nous convie, mais à l’échec de toute raison de vivre, puisque l’être humain ne peut échapper à la déchéance programmée dans ses gènes mêmes. Même la sexualité ne lui offre pas d’issue, elle est au contraire révélatrice de ses pires instincts.
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 Il ne s’agit plus, pour le personnage « kââien », de jouer aux échecs avec la Mort, de défier le destin ou même de l’accomplir, mais de constater l’impossibilité d’échapper à un mode d’existence qu’il méprise. En voulant se ressaisir, il ne fait que se déposséder. De là, sous la violence provocatrice dont il fait preuve, le désespoir profond qui se dégage de l’œuvre de Kââ et qui le protège de toute complaisance. On le voit, la thématique de Kââ est si riche qu’on a un peu de mal à comprendre le désintérêt de la critique pour lui. Le trouve-t-elle insoutenable ? Pourtant, elle s’est empressée d’accueillir des écrivains comme Jim Thompson, James Ellroy ou Robin Cook, dont les thèmes et les provocations sont très proches.
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Y a-t-il une part de snobisme chez cette critique, qui, en matière de polar, préfère souvent les Anglo-Saxons à ce qu’elle a sous le nez ? C’est très probable. La décadence de la société occidentale est plus regardable quand elle est le fait de pays étrangers ; or Kââ n’a pas ménagé la société française et ses officines douteuses. Pire encore, il n’a offert aucune prise à une « récupération », n’a prétendu à rien, s’est contenté d’une existence tranquille, à écrire et enseigner. Ce n’est pas ainsi qu’on fait carrière en France. Un fait, du moins, est certain : les collectionneurs du roman policier n’ont pas méconnu, eux, sa valeur.
Ses romans – aujourd’hui tous épuisés – atteignent des prix rondelets sur Internet et chez les bouquinistes spécialisés, fait d’autant plus méritoire que les couvertures de ces livres n’ont rien d’attirant (et pas seulement les « gore » !). Kââ est bien le créateur d’un univers original et les vrais amateurs, ceux qui achètent les livres pour le contenu plus que pour la couverture, ne s’y sont pas trompés.
 Julien Dupré et Jean-Paul Labouré. Villeurbanne, le 20 janvier 2012.21
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Découvrir le nouveau roman de Thierry Brun. Editions Le Passage. La Ligne de Tir : Révélation.

dimanche 30 août 2015

Delphine de Vigan - Histoire Vraie


Delphine de Vigan – D’après une histoire vraie

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Delphine, la narratrice, est romancière. Elle a connu un immense succès, qu'elle n'attendait pas, avec son dernier livre où elle évoquait sa famille et sa mère bipolaire. Courant de librairie en bibliothèque à travers toute la France, submergée par les réactions de ses lecteurs, qui ont trouvé dans son récit un écho à leurs propres vies et lui font des confidences poignantes, elle n'en peut plus.


 Elle n'arrive plus à écrire la moindre ligne, complètement tétanisée devant son ordinateur. D'ailleurs, que pouvez-vous écrire après ça ? ne cesse-t-on de lui dire. C'est alors que L., une femme de son âge rencontrée chez des amis, entre dans sa vie. Elle travaille comme nègre dans l'édition, écrivant des autobiographies signées par des chanteuses ou comédiennes célèbres.
























Delphine est vite fascinée par cette femme dont elle se sent très proche, lui confie son désarroi. Elle voudrait maintenant revenir à la fiction, élaborer une intrigue détachée de sa propre vie. L. est en en total désaccord et cherche à imposer son point de vue à Delphine, parfois de façon véhémente. Il n'y a d'écriture que l'écriture de soi. C'est pour ça que ton livre a rencontré un tel écho. Tu as quitté le territoire du romanesque, tu as quitté l'artifice, le mensonge, les faux semblants. Tu es revenu au Vrai et tes lecteurs ne s'y sont pas trompés. Ils attendent de toi que tu persévères, que tu ailles plus loin.


 Delphine se sent perdue, elle se raccroche à cette amitié nouvelle. Ses enfants, qu'elle adore, vont quitter la maison, François, le journaliste littéraire qui partage sa vie, est souvent absent à cause de son métier, et elle reçoit de terrifiantes  lettres anonymes qui lui reprochent de s'enrichir sur le malheur de ses proches. Heureusement L. est là, personne ressource, quelqu'un de fiable, d'une rare disponibilité, sur qui elle peut compter. Peu à peu, L. se rend indispensable.



Lasuite ici : http://enfinlivre.blog.lemonde.fr/














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