American Airlines
Thierry Brun, Editions Kubik, American Airlines
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lundi 17 août 2020
Mehdi Charef Editions Hors d'Atteinte Livres Hebdo
Le dernier roman de Mehdi Charef :
Source : Livres Hebdo
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dimanche 16 août 2020
Origine Paradis, Editions Hors d'Atteinte
Les Éditions Hors d'Atteinte publieront mon nouveau roman en Février. Paraitront également "Le Parti des Communistes", le dernier ouvrage de Julian Mischi, sociologue et " La dernière Amazone" de Nina Almberg, réalisatrice.
Quelques mots sur la maison :
"Fondées en 2018, par Ingrid Balazard et Marie Hermann, les éditions Hors d’Atteinte propose de nouvelles grilles d’analyse d’un monde contemporain en pleine mutation, de donner de l’espoir à ceux qui luttent et d’offrir un espace à des voix inaudibles ailleurs. Féminisme, environnement, urbanisation, racisme, médias, populismes sont quelques-uns des thèmes abordés dans nos livres, dont beaucoup sont conçus comme des boîtes à outils. Hors d’atteinte, comme ce qui ne peut être touché, saisi – ce qui est subtil et souple, indépendant et fugace ; mais aussi ce qu’on met à l’abri, dans un endroit inattaquable, inabordable"
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dimanche 15 mars 2020
Interview IDFM Radio Enghien 98. Ce qui reste de Candeur, Jigal Polar, Thierry Brun
Thierry Brun est selon moi, un auteur de polar noir, pas assez connu. Sans être des intimes, nous nous connaissons un peu car nous nous sommes déjà entretenus ensemble sur les ondes d'IDFM Radio Enghien 98 pour parler de ses écrits.. C'est une belle plume et un homme discret et cordial.
Avec beaucoup de bienveillance, il a accepté de se prêter à l'exercice de l'interview.
partons tout de suite à la découverte et de l'auteur Thierry Brun et de son 4ème roman "Ce qui reste de candeur" paru en Février 2020 aux Editions Jigal Polar de Marseille.
Carmen Gimeno.
Questions - réponses :
⦁ "Bulles & Polar" : Thierry, je vais m'attacher quelques instants sur la couverture du roman ; on y voit un homme qui on peut l'imaginer de par sa position part à la renverse. Les questions qui peuvent se poser…sont.... cet homme, est-il déstabilisé ?…si oui…par qui par quoi ? ou bien lâche-t-il totalement prise...est-il fataliste…résigné ? …je ne demande pas de réponse précise Thierry....par contre…vous pouvez nous donner quelques indices ? .....et nous dire qui est à l'origine de cette belle couverture ?
⦁ T.B : Dans mes échanges avec Jimmy Gallier, l’éditeur, nous avons rapidement évoqué que Thomas Boral est arrivé à un moment charnière de sa vie. Il ploie sous son passé et sous la violence mais ne rompt pas, il est encore debout mais à la limite, proche de la rupture et aussi, paradoxalement, plus proche de l’humain qu’il ne le croit. Il est certainement tout, mais ni fataliste, ni résigné, il s’accroche aux petites choses du quotidien, il entretient son corps, il y a encore quelque chose en lui qui le pousse à se rendre utile. Il est aidant, comme on dit. En prenant la décision de porter secours à un des personnages, il fait sauter un verrou, il reprend son destin en main.
Pendant un temps, nous avions pensé à une couverture qui évoquait un saut dans le vide, certainement fatal, mais avec un visuel ludique, un plongeoir incongru au bord d’un ravin.
Quant au choix définitif, il a appartenu à l’éditeur. Le choix des couleurs et de ce sfumato (technique picturale), par exemple.
⦁ BetP : Thierry, le personnage principal c'est Boral....Thomas Boral…et il parle à la 1ère personne.... Pourquoi ce choix ?
⦁ T.B C’est si transparent que ça ? Bon, c’est délibéré, j’avoue. Mais vous êtes la première personne à l’évoquer.
Thomas vient de l'araméen " Te'oma " c’est " Jumeau ". Thomas, prénom que j’ai utilisé dans mon premier roman "Surhumain" et que j’ai retrouvé ici, qui s’est imposé dès les premiers mots, les deux chapitres d’introduction de "Ce qui reste de candeur".
J’ai compris que je ne me cacherai pas derrière un personnage totalement fictif. Ce qu’il ressentait, son passé, l’état d’esprit de cet homme dans son auto, à souffrir de la chaleur, coincé, brisé par la fatigue et ce qu’il avait vécu les mois avant son arrivée dans cette région, m’appartenait. C’était moi dans les mots et les impressions. Ses troubles, ses manquements, ses pulsions, sa capacité à supporter le joug et la coercition, son besoin d’éprouver son corps et son esprit ont construit ce que je suis. Alors, j’ai décidé de tracer ce sillon. Et tout est venu naturellement dans une écriture fluide et sans fard. Mais je m’en suis tenu au personnage.
Je n’ai pas livré Thierry. Ce sera le cas dans un prochain roman.
⦁ BetP : "Ce qui reste de candeur" est un roman où la psychologie de tous les personnages est finement décrite. Les personnages secondaires qui gravitent autour de Thomas Boral sont essentiels au récit et si Thomas, le voyou repenti est le personnage masculin phare…Delphine est son pendant…et peut-être le supplante-elle…Qui est Delphine, Thierry ?
⦁ T.B. Elle est le personnage principal de ce roman. Elle aurait pu s’appeler Thomas, - le double, encore-. Delphine est sa part d’enfance et d’adolescence qu’il a occultée et en qui il se retrouve. Elle raisonne en lui, en tout, c’est l’amour d’enfance perdu, la sœur des foyers, la chair et l’esprit maltraités, violés. Ce personnage tient une place particulière dans mon cœur. Delphine est l’enfant en manque de tendresse, qui n’a trouvé que la séduction pour exister et devient à son corps défendant une adulte en perte de repères qui détruit tout autour d’elle, comme une planète aspirant tout l’oxygène. Un soleil. Et, comme le soleil, elle peut réchauffer comme elle peut brûler. Mais, elle est aussi le plus grand soutien de Thomas.
Delphine est une amie qui a eu un parcours similaire mais qui vit bien son passé, qui en a fait quelque chose. Il lui aura fallu du temps, mais c’est consolidé. Elle est un pilier.
⦁ BetP : La violence est omniprésente dans ce roman…violence des sentiments, violence des éléments dans cette région de la Montagne Noire et bien sûr, violence des hommes. Cette violence s'exprime par vos mots, votre style qui va droit au but avec tout de même quelques belles phrases poétiques qui figent un peu le temps et puis l'intrigue reprend de plus belle. Ce style percutant permet d’imprimer je suppose Thierry, une montée en puissance ? le lecteur doit être maintenu en apnée….
⦁ T.B. Les lecteurs évoquent souvent cette lecture en apnée et ce sentiment d’assister à une fin inéluctable. Je ne l’ai pas voulu. Encore une fois, le récit s’est imposé et je n’ai jamais ressenti le besoin d’enchainer les péripéties pour créer une tension.
"Ce qui reste de Candeur" est avant tout une aventure humaine, fort banale somme toute. Et s’il y a une part d’inéluctabilité, elle est surtout dans la rencontre de Thomas et de Delphine. S’il y a un style d’écriture particulier, il ne m’appartient pas. Quant à la violence, et si on parle de puissance, je voulais imposer les deux, celles de la nature, des éléments, qui ont la capacité à briser toutes les déterminations humaines. J’avais cette image d’une armée balayée par un coup de vent, d’hommes animés par une volonté d’imposer leur vengeance mais trouvant plus fort et dangereux qu’eux.
Et puis, plus prosaïquement, j’ai été confronté à des tempêtes dans la Montagne Noire et dans les Alpes. Une fois à pied et lors de raids en ski. J’ai vécu dans ma chair ce qu’est une chute de température de 15 degrés, un dévissage sur une face nord ou dans un ravin, un saut dans le vide, des traumatismes corporels. J’ai voulu parler de ces moments qui balaient tout ce que tu as vécu jusque-là : tu t’accroches à la vie, quelle que soit cette vie, ou bien tu lâches prise.
Et quand tu entends l’hélicoptère, tu sais que tu y tiens à cette misérable existence. Tu as tout fait pour.
⦁ BetP : Au fil des pages, j'ai vécu la lente descente aux enfers de Thomas Boral.... je l'ai vu happé dans une spirale le rapprochant inexorablement de l’œil du cyclone.....ce roman sert aux lecteurs une sorte d' intrigue en forme d'entonnoir.....d'où vous est venu, Thierry Brun, l'idée de ce récit de la rencontre d'un repenti tourmenté et d'une belle vénéneuse ?
⦁ T.B. C’est la rencontre d’une femme qui va ramener un homme à la vie. Il n’en attendait plus grand-chose, sans en avoir conscience, et elle va le mettre sous perfusion d’émotions. C’est l’idée primale du récit. Delphine est une enfant de la Nature, elle est la tempête, l’orage et le soleil, encore le soleil, et elle redonne à Thomas de ce qu’il a perdu. La nature est anarchique, chaotique.
L’homme a créé, entre autres, la maitrise et le temps, le gain et la perte, notions artificielles, et s’est égaré dans ces combats purement techniques. Là, on est vraiment dans les premières pulsions d’écriture de "Ce qui reste de candeur".
⦁ BetP : Dans les 50 dernières pages, tout s'accélère...et c'est très cinématographique.....toutes les pièces du puzzle s'emboitent.....et il ressort que Thomas BORAL a été un pion dans le scénario final, peut-être a-t-il croisé les mauvaises personnes, peut-être s'est-il uniquement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment mais qu'en fin de compte, c'est un mal pour un bien.....c'est ce qui reste de candeur en lui.....cela fait de lui un pion essentiel au récit.
En extrapolant, je dirais que Thomas BORAL et Delphine était fait pour se rencontrer parce qu'ils ont le même objectif : faire table rase de leur passé...
.
⦁ T.B. Ordo Ab Chao…
Un nouveau chaos pour réordonner nos vies, accepter qu’une tempête, - sociale, humaine, naturelle, virale - , détruise tout pour que les survivants réapprennent à vivre en communion avec leurs sentiments premiers, primaux ? Je me suis posé ces questions, mais une fois le manuscrit achevé.
Thomas est enfant de la violence organisée, celle qui équilibre les forces en présence entre les communautés rivales. On peut parler de partis politiques, d’officines, de gangs, de mafias. Toutes ces corporations s’agitent selon ces principes.
Si Thomas était un pion, c’était avant, sous les ordres de Franck Miller, puis ensuite sous l’autorité de la justice et des policiers.
Delphine lui rend sa peau d’humain, elle casse le pion, la logique de jeu d’échec, elle balaie les pièces, – elle casse tout, en fait - et précipite Thomas vers sa vérité. Delphine révèle Thomas à ce qu’il est : un être vivant.
Elle lui offre l’opportunité d’aimer à nouveau, et oui, vous avez raison, de faire table rase du passé. Faisons table rase. Brûlons tout, reconstruisons si nous en avons le courage, c’est sans doute le vœu.
La conclusion de "Bulles & Polar" :
Ce court roman de 192 pages est un petit noir corsé et bien serré, goûtu aux arômes de la Montagne Noire, que l'on déguste à petites gorgées au début, histoire de bien s'imprégner de la tension croissante et dont on avale goulument les dernières gouttes à la fin tellement on est pressé de connaître le dénouement.
Merci Thierry Brun pour tous ces éclaircissements et longue vie à "Ce qui reste de candeur" paru en Février 2020 chez Jigal Polar.
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vendredi 28 février 2020
Lisez des polars ! Thierry Brun, Ce qui reste de Candeur.
Le blogueur Yves Mabon aime Ce qui reste de Candeur, éditions Jigal, et il en parle ici :
"Excellent roman noir rural, minéral et végétal ! "
Il propose un extrait du roman qui, selon lui, résume la tonalité du récit :
"...A près de 38 ans, dont trois passés derrière les barreaux, je ne voulais plus entendre parler de certaines choses. J'aspirais à la tranquillité. Je réclamais du silence, de la solitude et tout ce qui va avec : lire de bons bouquins, écouter un peu de musique classique, me lancer dans de raisonnables runs dans la montagne, couper du bois pour l'hiver, et celui-ci venu, profiter d'un feu, écrire quelques lignes, tenter de raconter mon histoire. M'occuper d'une dingue blessée ne rentrait pas dans mes plans..."
Pour choisir le roman, c'est ici !
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jeudi 15 août 2019
Premier Chapitre. Polar Impact.
"Zoulou
inspira profondément.
Elle
repoussa la chaise sur laquelle elle était assise. D’un doigt ganté, elle
dégagea ses mèches brunes, réajusta son oreillette et bloqua le micro bâton
contre ses lèvres. Elle décontracta ses muscles en roulant des épaules, puis
fit quelques pas dans la chambre de bonne. Son propriétaire, immobilisé au sol,
menotté et réduit au silence, sursauta puis ne bougea plus.
La
terroriste enfila son blouson, le zippa jusqu’au menton. D’un geste ample du
bras, elle empoigna le fusil de précision qui reposait contre le mur. Elle
ouvrit la fenêtre, positionna le bipied sur le rebord en béton, abaissa le
guidon de l’arme.
Cinq
étages plus bas, l’ancienne voie romaine Mouffetard, pavée et étroite, coupait
les rues Broca et Censier. La jonction, endroit choisi pour l’attentat,
dessinait une place en forme de cœur et le trottoir s’élargissait, amenuisant
sensiblement l’espace de la chaussée.
C’est
là que le premier impact clouerait le véhicule de la cible.
La
tireuse embusquée avait attendu le dernier moment, diminuant ainsi les risques
d’être repérée. Elle pointa le canon de son fusil en direction du carrefour
Italie-Choisy, colla son œil au viseur. Les détails de la scène envahirent son
champ de vision : deux Toyota noires remontaient le boulevard Saint Marcel
à faible vitesse, obliquèrent, se rapprochèrent, puis se garèrent dans la
contre-allée de Bazeilles.
Dans
son système d’optique, Zoulou s’attarda sur les individus qui se tenaient dans
les RAV4, l’escorte du capitaine d’industrie Alexandre Vottin.
Elle
détecta un mouvement qui lui fit froncer le sourcil : un homme les bras
encombrés d’une poussette venait de sortir d’un immeuble. L’invité surprise
déposa son fardeau, alluma une cigarette et fit quelques pas devant les portes
de la paroisse Saint Médard que l’industriel Vottin devait franchir pour
assister à la messe de huit heures. Une femme rejoignit le fumeur. La mèche
douteuse, la face sévère, elle maîtrisait d’une main ferme l’enthousiasme d’une
fillette et ployait sous le poids d’un poupin emmailloté. Elle apostropha son
mari, puis elle pivota, visiblement excédée, et tança vertement sa chère tête
blonde.
Un
tic agita la joue de la tueuse. Comme elle le craignait, le couple masquait la
ligne de tir…
Zoulou
se déplaça sur le côté, perdit de la visibilité et jura entre ses dents.
–
Tormac à Zoulou : la Merco. Trente secondes.
–
Zoulou à Tormac. Problème.
– Vingt
secondes… Dix, égrenait Tormac. Problème ?
– Pékins,
en plein dans le champ !
– Démerde-toi.
À
cet instant, respectant le planning prévu, une Mercedes acier s’immobilisa au
niveau des Toyota. Quelques paroles furent échangées par les vitres baissées
puis les berlines redémarrèrent les unes derrière les autres. Dans les reflets
changeants des pare-brise, les mines sombres des gardes du corps d’Alexandre
Vottin paraissaient défiler au ralenti, en images stroboscopiques.
Zoulu
grogna de mécontentement.
Point
de vue réduit à néant par l’angle trop vertical.
Sans
attendre une seconde de plus, Zoulou désajusta le bipied, arracha la lunette de
visée, puis d’un mouvement assuré, le dos bien droit, cala la crosse du fusil
haut sur son épaule.
L’index
contre le pontet, elle fixa les trois
automobiles en libérant l’air bloqué dans ses poumons…
Puis,
elle inspira profondément, apaisant son rythme cardiaque.
Concentrée,
la tueuse cassa son buste, se pencha, chercha une meilleure perspective. N’en
trouvant pas, elle se haussa sur la pointe des pieds, bascula à demi le tronc
hors de l’encadrement de la fenêtre, retrouva une vision claire de la scène.
Elle
frémit. Tout le monde pouvait la surprendre. C’était n’importe quoi.
– Tormac ! ?
Tormac ?!
Silence,
puis l’injonction brutale.
– La
Merco. Action. Ordre au feu.
– Négatif.
– Respect
des consignes. Ordre au feu, Zoulou !
– Négatif.
Un couple, deux mômes, à onze heures. Sont dans l’objectif.
– La
Mercedes Zoulou ! Qu’est-ce tu fais, merde ! ? Mathilde et
Thierry sont prêts !
– Non.
Trop risqué.
– Rien
à foutre des civils ! Bute-les !!! S’égosilla Tormac
Zoulou
expira avec fureur, décolla l’arme de son épaule comme le font parfois les
chasseurs, tenta de trouver une fenêtre de tir entre le père qui, clope au bec,
se baissait, fourrageait sous la poussette. et la mère qui, l’espace d’un
battement de cœur, s’agenouillait aux pieds de sa fille.
Maintenant.
Résilia
écrasa deux fois la queue de détente, se pencha violemment au-dessus du vide,
doubla ses salves avec méthode, choisissant les axes qu’elle jugeait les plus
appropriés. Les balles perforantes percèrent le blindage de la Mercedes comme
des cailloux jetés dans une fine pellicule de gel.
Les
coups de départ percutèrent le silence du quartier. Aussitôt, des têtes
effarées apparurent aux fenêtres.
La
tireuse hurla, de rage, de joies mêlées.
– C’est
fait ! C’est
fait !
La
Classe S400 avait tressauté sous les impacts.
Dans
les secondes frappées de stupeur qui suivirent, une portière s’ouvrit libérant
une forme qui glissa sur le trottoir.
Les
gardes du corps jaillirent des Toyota : quatre cernèrent la Mercedes, en
protection, déployèrent des boucliers souples, firent un rempart pour abriter
leur patron blessé. Deux autres se positionnèrent en contre-feu.
Zoulou
se recula dans l’ombre de l’appartement.
Avec
un temps de retard sur le timing prévu, Mathilde Navostky, Thierry Silent et
Adrian Baroumé, membres du commando terroriste « Faction Armée »
surgirent d’une Renault garée rue Censier.
Mathilde
Navostky, courait, son bras armé tendu droit devant elle et fit feu à plusieurs
reprises. La riposte fut immédiate : trois projectiles traversèrent sa
poitrine à vitesse subsonique et l’activiste tomba sur les genoux, la bouche
ronde de surprise.
Ses
camarades hésitèrent, freinèrent leur course. Le premier, Thierry Silent,
trébucha, touché à l’épaule par une balle. Il laissa échapper son arme,
tenta de le ramasser, tourbillonna sur les talons et s’effondra tête la
première entre deux autos. Blessé et apeuré, le révolutionnaire se releva,
chercha du regard son semi-automatique qui avait glissé dans le caniveau, puis,
ne le trouvant pas, il détala, courbé en deux, abrité par la file des véhicules
en stationnement. Après un dernier coup d’œil pour sa partenaire qui se
traînait sur les pavés, il fila en direction de la rue Monge.
Le
second demeura figé au milieu de la chaussée. Adrian Baroumé jeta soudain son
pistolet comme s’il lui brûlait la main. Il se répétait que c’était trop
con : il n’avait pas vu les choses comme ça. Tout avait été trop vite et
il ne voulait pas mourir. Oubliant qu’il n’avait pas affaire à la police, il
leva les bras en signe de réédition.
À
couvert derrière leur bouclier, les gardes du corps vidèrent avec frénésie
leurs chargeurs.
De
son cinquième étage, incapable de réagir, Zoulou assistait au carnage. Elle
aurait souhaité prêter main-forte à ses camarades, mais elle avait déjà trop
tardé. C’était fini. Des larmes dans les yeux, elle décrocha, dévala
l’escalier, abandonnant le fusil, et dans son oreillette la voix nouée de
Tormac constatait l’évidence.
– Tu
as tout foiré. C’est la merde, Alice. Putain, c’est la merde !"
La Ligne de Tir. Thierry Brun. Éditions Le Passage.
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vendredi 2 juin 2017
Quelques mots, notes et indications sur les principaux genres cinématographiques
Quelques mots, notes et indications sur les principaux genres cinématographiques
Lexique et civilisation
LE CINÉMA DES PREMIERS TEMPS
Appelé aussi primitif ou early cinema, le cinéma des premiers temps couvre la période qui va de
l’invention du cinéma (1895) jusqu’à la Première Guerre mondiale.
LE CINÉMA FANTASTIQUE
Le cinéma fantastique couvre en général tout le champ de l’irrationnel et englobe dans le genre le
cinéma d’horreur ou d’épouvante.
LE FILM D’HORREUR
On employait autrefois le terme d’épouvante pour caractériser ce cinéma qui montre des scènes
cruelles suscitant l’effroi du spectateur.
LE FILM DE SCIENCE-FICTION
À la différence du fantastique plutôt tourné vers le passé ou le présent, la science-fiction imagine un avenir plus ou moins lointain qu’elle met en scène en inventant un décor et des accessoires futuristes.
LE SPACE OPERA
Le space opera est un sous-genre du film de science-fiction. Le thème central consiste dans la
projection de l’homme hors de la planète terre, le voyage dans l’espace.
LE FILM CATASTROPHE
Dans les films catastrophe, une micro-société est confrontée à des accidents, des fléaux naturels, à grands renforts d’effets spéciaux, tandis que les individualités s’affrontent physiquement et
psychologiquement.
LE FILM D’ACTION
Film dont l'intrigue s'articule plus ou moins habilement autour d'une succession de scènes
spectaculaires souvent stéréotypées (course-poursuites, fusillades, explosions…) et met en place un conflit qui sera résolu de manière violente (généralement, par la mort des ennemis du héros).
LE FILM HISTORIQUE
On distingue les films dont l’histoire est l’objet et les films auxquels des événements historiques
servent de cadre à une intrigue qui se développe indépendamment.
LE PÉPLUM
Le genre du péplum fait évoluer une intrigue dans la période de l’Antiquité gréco-latine.
LE FILM DE GUERRE
Le film de guerre traite le thème de la guerre, en s'attardant généralement sur l'aspect naval, aérien, ou terrestre des conflits.
LE FILM POLICIER
Un policier, ou polar, désigne un roman et, par extension, un film de genre mettant en scène des
truands qui s’opposent à la police.
LE FILM DE GANGSTERS
Le film de gangsters est un sous-genre du film policier qui se distingue par le fait que le criminel joue le premier rôle.
LE THRILLER
Le thriller, de l’anglais to thrill, «frissonner», peut appartenir à des genres divers (film policier, film catastrophe…). Il se caractérise par le suspense et la peur (délicieuse) qu’il suscite chez le spectateur.
LE BIOPIC
Contraction de biographical picture, le biopic est une oeuvre de fiction centrée sur la vie d’un
personnage ayant réellement existé.
LA COMÉDIE
Le terme désigne à l’origine toute pièce de théâtre, puis une pièce dont l’intrigue, vraisemblable,
provoque le rire par la peinture des moeurs d’une époque, des travers ridicules d’un personnage. Le cinéma s’est emparé du genre, trop large pour être défini sinon par le désir d’amuser le public.
LA COMÉDIE MUSICALE
La comédie musicale ou musical apparaît en même temps que le cinéma parlant et se développe
jusqu’au début des années 1960. L’intrigue y sert parfois de pur prétexte à des numéros musicaux et chorégraphiques. Ce genre, un temps abandonné réapparaît sporadiquement, notamment en France.
LE FILM ROMANTIQUE
Film narrant généralement une histoire d'amour passionné et romanesque.
LE DRAME
Dès les débuts du cinéma, le terme est employé en opposition avec comédie et documentaire pour
définir une action pathétique dans laquelle s’affrontent des personnages inscrits dans un cadre
réaliste. Le genre est décliné en drame historique, drame mondain ou sentimental, drame
psychologique, drame social, mélodrame ou encore comédie dramatique.
LE ROAD MOVIE
Dans les années 1960, on voit se multiplier les road movies, films narrant les errances de bandes de motocyclistes sur les routes américaines. Ils mettent en scène une marginalité confrontée à
l’intolérance de la population. On qualifiera plus tard de road movie des errances non violentes et plus individuelles.
LE DOCUMENTAIRE
Dans l’acception courante, le film documentaire renvoie au réel, en restitue l’apparence; qu’il soit un reportage, un film d’art, un film scientifique, il arbore le plus souvent un caractère didactique et
informatif qui vise à donner à voir les choses et le monde tels qu’ils sont.
LE WESTERN
Dès ses débuts, le cinéma américain raconte les épisodes de la conquête des territoires de l’Ouest sur les Indiens, jusqu’à la disparition de la Frontière en 1890. Le genre du western ne se limite cependant pas à un territoire, ni à la période historique de la fin du XIXe siècle, et certains spécialistes les ont regroupés autour de cycles: le peuplement, les guerres indiennes, la Frontière, le bétail, la guerre de Sécession, le conflit mexico-texan. L’exaltation de la nation américaine laisse progressivement la place à une démystification de l’Ouest, et au WESTERN-SPAGHETTI.
2. Quelle est la caractéristique principale de la comédie?
3. À quelle époque le péplum est-il situé?
4. Quelle est la différence entre un film d’horreur et un thriller?
5. Quel genre de film met en scène une période de l’histoire américaine?
6. D’une façon générale, de quoi parlent les films de science-fiction?
7. Comment s’appellent les films biographiques?
8. Quelle est la spécificité du film documentaire?
9. Dans quel genre de film le criminel est-il un héros?
10. Quel genre de film oppose-t-on habituellement à la comédie?
B. Culture cinématographique et recherche
11. Reliez ces célèbres films à leur genre respectif.
Apocalypse Now de Francis Ford Coppola (1979) science-fiction
Titanic de James Cameron (1997) historique
Easy Rider de Dennis Hopper (1969) comédie musicale
2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968) western-spaghetti
Fahrenheit 9/11 de Michael Moore (2004) guerre
Pour une poignée de dollars de Sergio Leone (1964) catastrophe
West Side Story de Robert Wise (1961) western
Spartacus de Stanley Kubrick (1960) fantastique
Metropolis de Fritz Lang (1927) comédie
Le Dîner de cons de Francis Veber (1998) péplum
Napoléon d’Abel Gance (1927) catastrophe
Danse avec les loups de Kevin Costner (1990) road movie
La Tour infernale de John Guillermin (1974) gangsters
Casablanca de Michael Curtiz (1942) documentaire
L’Exorciste de William Friedkin (1973) space opera
Le Parrain de Francis Ford Coppola (1972) horreur
Edward aux mains d’argent de Tim Burton (1990) drame
Robert Zemeckis (1985), Le Cinquième Élément de Luc Besson (1997), Matrix de
Andy et Lana Wachowski (1999).
Space opera: La Guerre des étoiles de George Lucas (1977) et Star Trek, le film
de Robert Wise (1979).
Catastrophe: Apollo 13 de Ron Howard (1995) et Armageddon de Michael Bay
(1998).
Action: Rambo de Ted Kotcheff (1982) et Piège de cristal de John Mc Tiernan
(1988).
Historique: La Liste de Schindler de Steven Spielberg (1993) et La Reine Margot de
Patrice Chéreau (1994).
Péplum: Gladiator de Ridley Scott (2000) et 300 de Zack Snyder (2006).
Guerre: Platoon d’Oliver Stone (1986), Full Metal Jacket de Stanley Kubrick
(1987), Inglorious Basterds de Quentin Tarantino (2009).
Policier: Sueurs froides d’Alfred Hitchcock (1958), Le Crime de l’Orient-Express de
Sidney Lumet (1974), Usual Suspects de Bryan Singer (1995), 36 quai des Orfèvres
d’Olivier Marchal (2004).
Gangsters: Scarface de Brian de Palma (1983), Les Affranchis de Martin Scorsese
(1990), Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994).
Thriller: Blue Velvet de David Lynch (1987), Le Silence des agneaux de Jonathan
Demme (1991), Seven de David Fincher (1995).
Biopic: Malcom X de Spike Lee (1992) et Walk the line de James Mangold (2006),
La môme d’Olivier Dahan (2007).
Comédie: Monty Python: Sacré Graal de Terry Gilliam et Terry Jones (1975),
Annie Hall de Woody Allen (1977), La Cage aux folles d’Édouard Molinaro
(1978), Very Bad Trip de Todd Phillips (2009).
Comédie musicale: Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967) et
Moulin rouge de Baz Luhrmann (2001).
Romantique: Pretty Woman de Garry Marshall (1990) et Eternal Sunshine of the
Spotless Mind de Michel Gondry (2004).
Drame: Taxi Driver de Martin Scorsese (1976), Philadelphia de Jonathan Demme
(1993), Trainspotting de Danny Boyle (1996), Fight Club de David Fincher (1999).
Road movie: Au fil du temps de Wim Wenders (1975) et Thelma et Louise de
Ridley Scott (1991).
Documentaire: Nuit et Brouillard d’Alain Resnais (1955), Microcosmos: le
peuple de l’herbe de Claude Nuridsany et Marie Pérennou (1996), Bowling for
Columbine de Michael Moore (2002).
Western: La Chevauchée fantastique (1939) et Rio Grande (1950) de John Ford,
Rio Bravo de Howard Hawks (1959).
Western-spaghetti: Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone (1968), On
l’appelle Trinita de Enzo Barboni (1970), Django Unchained de Quentin Tarantino
(2012).
Source : www.sne.fr/wp-content/uploads/2014/08/SDL2011-PolarThrillerfontfrissonner.pdf
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samedi 12 mars 2016
Les meilleures listes de livres.
BABELIO
A l'occasion de la fête de la librairie indépendante, je vous propose une petite liste d'ouvrages où il est question de livres, le libraires et de librairies !
| 1 |
Lettres à mon libraire
François Busnel 3 critiques 12 citations "Le livre que vous tenez entre les mains est une ode au plus beau métier du monde. Une reconnaissance de dette, par des écrivains conscients que les artisans de leur réussite sont aussi ceux qui permettent à une ?uvre de papier de survivre au sein de cette jungle moderne qu'est devenue la vie. Car il ne suffit pas d'être publié pour être lu. Soyons honnêtes : il n'y a pas de livre sans librairie, pas d'écrivain sans libraire." François Busnel Ajouter à mes livres | |
| 2 |
Mon libraire, sa vie, son oeuvre
Patrick Cloux 2 critiques 9 citations Ce lexique (80 entrées) est écrit sur un ton tour à tour précis, attendri, grave, primesautier. Bien que délibérément subjectif, il est assez documenté, nourri d'expériences vécues et de franches rencontres pour permettre aux lecteurs d'attachement de mieux saisir les quelques beaux enjeux d'un métier assez peu célébré. Depuis hier, aujourd'hui, mais également pour demain, le livre - qui est, plus que jamais, en question - a tout à gagner à être mis entre de bonnes mains par des gens de généreuse compagnie pour qui la lecture est, plus encore que la profession, une véritable façon d'être. Ajouter à mes livres | |
| 3 |
Le Libraire
Régis de Sá Moreira 70 critiques 73 citations - Vous l'avez lu ? - Oui, dit le libraire. - Moi aussi, répondit le jeune homme. Le libraire lui sourit. Le jeune homme prit confiance : - Mais je l'ai offert à quelqu'un? à qui je n'aurais pas dû l'offrir. - C'est difficile d'être sûr de ces choses-là, répondit le libraire. - Oui, dit le jeune homme. - Ne désespérez pas, dit encore le libraire. Certains livres sont à retardement? Ajouter à mes livres | |
| 4 |
Meurtres à livre ouvert
Steve Rosa 1 critique Eve Morton, une jeune femme ayant quitté Paris pour celui qu'elle croyait aimer, décide pour surmonter une profonde déception sentimentale d'ouvrir au coeur de Metz une librairie spécialisée dans le roman policier. Le jour même de l'inauguration, le cadavre d'un inconnu poignardé est retrouvé dans sa librairie... Bientôt, Eve s'aperçoit que le mystérieux assassin en veut également à sa vie. Aidée du lieutenant de police Nicolas Reynaud, la jeune femme frôlera la mort de près avant de découvrir l'identité du coupable... et peut-être plus. Dans la veine des grands romanciers français et anglo-saxons, l'énigme de chambre close se double ici d'un suspense haletant qui a pour cadre la ville de Metz, et d'une étude de caractère sans concession des milieux artistiques. |
La suite ici : http://www.babelio.com/liste/2468/Autour-de-la-librairie
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